La fugue chez l’enfant autiste : ce qu’il faut savoir
- Sonia Hamiane

- 27 juin 2025
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 3 sept. 2025

Lorsqu’on parle de fugue chez un enfant autiste, beaucoup de parents ressentent une inquiétude immédiate. Voir son enfant quitter la maison, s’éloigner à l’école ou disparaître dans un lieu public fait partie des situations les plus angoissantes. Comment expliquer ce comportement ? Quels sont les dangers ? Et surtout, comment le prévenir ?
La fugue, aussi appelée errance, est fréquente dans l’autisme. Elle peut survenir pour aller vers quelque chose d’attirant (comme l’eau, un objet ou un endroit préféré) ou pour fuir une source de stress (bruit, agitation, demande trop lourde). Comprendre pourquoi un enfant fugue est la première étape pour mieux anticiper et sécuriser ces situations.
Cet article répond aux questions les plus fréquentes des parents. Vous y trouverez des explications simples, des conseils pratiques et des repères pour protéger votre enfant.
Pourquoi certaines personnes autistes fuguent-elles ?
La fugue n’est pas un “caprice”. Elle s’explique par différents facteurs :
Rechercher quelque chose d’attirant : une piscine, un parc, un endroit connu.
Échapper à une gêne : bruit trop fort, environnement agité, demande ressentie comme trop difficile.
Besoin de se réguler : trouver un lieu calme, un espace plus prévisible.
Difficultés de communication : au lieu d’exprimer leur malaise avec des mots, certains partent simplement.
La fugue est donc souvent une forme de communication non verbale. Elle dit quelque chose que la personne ne parvient pas à exprimer autrement.
La fugue chez l’enfant autiste est-elle fréquente ?
Oui. Les recherches montrent que :
Près de la moitié des enfants autistes ont déjà fugué au moins une fois.
Plus d’un tiers de ceux qui fuguent ne savent pas dire leur nom, leur adresse ou leur numéro de téléphone.
Les principaux risques sont la noyade (71 % des issues fatales), puis les accidents de la route (18 %).
Ces chiffres rappellent que la fugue n’est pas un comportement isolé ou rare. Elle fait partie des comportements à surveiller et nécessite une attention particulière.
Quels sont les premiers signes de risque ?
Les parents décrivent souvent des signaux annonciateurs :
L’enfant s’éloigne discrètement dans la maison ou dans un bâtiment.
Il cherche à éviter les demandes sociales ou scolaires.
Il part brusquement quand il est contrarié.
Il est attiré par l’eau ou des lieux calmes.
Repérer ces signaux tôt permet de comprendre le profil de fugue et d’anticiper.
Quels dangers sont liés à la fugue ?
Les risques sont réels et doivent être connus :
Noyade (piscine, lac, rivière).
Accidents de la route.
Déshydratation et coups de chaleur (en été, dans une voiture).
Hypothermie (en hiver).
Chutes ou blessures physiques.
Rencontres avec des inconnus.
Ces dangers justifient l’importance de sécuriser l’environnement et de préparer des stratégies adaptées.
Comment prévenir ?
Il n’existe pas une seule réponse, mais plusieurs pistes complémentaires :
Sécuriser l’environnement
Installer des verrous hors de portée.
Utiliser des alarmes de porte ou de fenêtre.
Aménager des clôtures adaptées si possible.
Prévoir un plan clair
Avoir une liste de contacts d’urgence.
Noter les lieux où l’enfant aime aller (piscine, parc, voisinage).
Préparer une photo récente à partager rapidement si besoin.
Renforcer les compétences de sécurité
Apprendre progressivement à dire son nom et son adresse.
Utiliser un bracelet ou une carte d’identification.
Mettre en place des supports visuels pour expliquer les règles.
Comprendre les déclencheurs
Observer les moments où l’enfant part (bruit, frustration, demande trop forte).
Ajuster l’environnement ou réduire les sources de surcharge.
Que faire si les fugues se répètent ?
Quand la fugue devient régulière :
Notez les contextes : où, quand, avec qui ?
Cherchez la fonction : est-ce pour fuir ou atteindre quelque chose ?
Travaillez la communication : proposer des alternatives (pictogrammes, mots, gestes).
Impliquez les professionnels : école, thérapeutes, accompagnants doivent être informés.
Dans certains cas, un système de localisation GPS peut renforcer la sécurité.
Comment en parler avec l’école ?
Il est essentiel d’impliquer les équipes éducatives :
Informer clairement des risques.
Établir un protocole : qui agit, comment, dans quel ordre ?
Sensibiliser l’équipe aux signes avant-coureurs.
Prévoir des aménagements (classe plus calme, adulte référent, pauses sensorielles).
Une communication transparente entre parents et professionnels réduit les risques et rassure tout le monde.
Comment réagir en cas de fugue ?
Restez calme : la panique complique la recherche.
Cherchez en priorité les lieux d’intérêt connus : eau, parcs, voisins.
Prévenez immédiatement les secours si la recherche dépasse quelques minutes.
Informez l’entourage : voisins, amis, enseignants, pour qu’ils puissent aider.
Un plan répété à l’avance réduit les temps de réaction et peut sauver des vies.
Est-ce que ça s’atténue avec l’âge ?
Chez certains, la fugue est transitoire et diminue en grandissant. Mais elle peut persister ou réapparaître à l’adolescence ou à l’âge adulte, surtout en cas de stress ou de changement d’environnement.
Il reste donc important de :
Adapter les stratégies de sécurité.
Développer l’autonomie et la communication.
Renforcer la conscience des dangers.
La fugue chez l’enfant autiste soulève des peurs compréhensibles. Mais il est possible d’anticiper, de sécuriser et de réduire les risques. Chaque enfant a ses déclencheurs, ses vulnérabilités mais aussi ses forces. En comprenant mieux les raisons qui poussent à fuguer, vous pouvez ajuster l’environnement, renforcer la communication et construire un quotidien plus sûr. Vos ajustements et votre constance créent un cadre plus sûr. Pas à pas, vous réduisez les risques tout en renforçant la confiance et l’autonomie de votre enfant.
Pour aller plus loin, découvrez la checklist sécurité autisme.




Ça c’est un article complet👏 Étant concernée par les fugues incessantes de mon fils qui est autiste sévères, c’est la première fois que je trouve quelque chose qui peut m’aider à y faire face. Merci beaucoup madame 👃