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Trouble du comportement et autisme : comprendre pour mieux accompagner

6 déc. 2025
6 min de lecture

Dernière mise à jour : 25 août


Une maman serrant son enfant dans ses bras pour le réconforter.

Trouble du comportement et autisme : comprendre pour mieux accompagner

Lorsqu’on recherche des informations sur le trouble du comportement dans l’autisme, on trouve souvent des termes comme crise, opposition, agressivité, refus ou comportement-problème. Pourtant, se limiter à ce qui est visible ne permet pas toujours de comprendre ce qui se passe réellement pour la personne autiste.


Dans cet article, je parlerai principalement de difficultés comportementales, même si celles-ci sont encore fréquemment désignées comme des « troubles du comportement ». Un comportement ne survient pas sans contexte : il peut être influencé par la communication, l’environnement, les besoins sensoriels, l’état émotionnel, la douleur, la fatigue, les demandes ou encore le niveau de prévisibilité d’une situation.


Comprendre ce qui précède et accompagne un comportement permet de chercher des réponses plus adaptées que la seule volonté de le faire disparaître.


Trouble du comportement et autisme : que cherche-t-on réellement à comprendre ?

Un comportement est avant tout quelque chose que l’on peut observer : crier, frapper, jeter un objet, partir, se mettre au sol, refuser une activité, se retirer ou encore s’auto-agresser.

Mais décrire ce comportement ne suffit pas à l’expliquer.


Deux personnes autistes peuvent présenter un comportement similaire pour des raisons complètement différentes. De la même manière, une même personne peut avoir le même comportement dans plusieurs situations sans que sa fonction soit toujours identique.


Lorsqu’une difficulté comportementale apparaît, il est donc important de s’intéresser à plusieurs éléments :

  • ce qui s’est passé avant ;

  • ce que la personne était en train de faire ;

  • ce qui lui était demandé ;

  • les personnes présentes ;

  • l’environnement sensoriel ;

  • son niveau de fatigue ou de stress ;

  • ses possibilités de communication ;

  • l’existence éventuelle d’une douleur ou d’un inconfort ;

  • ce qui se passe immédiatement après le comportement.


Cette analyse permet de dépasser la question « Comment arrêter ce comportement ? » pour aller vers une question souvent plus utile : « Qu’est-ce qui contribue à ce comportement dans cette situation ? »


Quels facteurs peuvent influencer les difficultés comportementales ?

Il est rarement pertinent de chercher une cause unique à une difficulté comportementale.

Chez une personne autiste, plusieurs facteurs peuvent se cumuler au cours d’une même journée. Une mauvaise nuit, un changement imprévu, une salle très bruyante, une consigne difficile à comprendre et l’impossibilité d’exprimer un besoin peuvent progressivement rendre une situation beaucoup plus coûteuse.


Le comportement observé constitue alors la partie visible d’un ensemble de facteurs qu’il faut essayer d’identifier.


Les difficultés de communication

La communication ne se limite pas au langage oral.


Une personne peut parler et malgré tout rencontrer des difficultés pour expliquer une douleur, demander une pause, exprimer qu’elle n’a pas compris, dire qu’une situation devient trop difficile ou identifier précisément ce qu’elle ressent.


Pour une personne non oralisante ou utilisant une communication multimodale, l’accès à un moyen de communication suffisamment efficace est également essentiel.


Certains comportements peuvent alors avoir une fonction de communication : obtenir quelque chose, refuser, demander de l’aide, interrompre une situation ou signaler un inconfort.


L’objectif n’est donc pas uniquement de réduire le comportement, mais aussi de se demander si la personne dispose d’un moyen plus accessible pour exprimer le même besoin.


La surcharge sensorielle

Les particularités sensorielles sont fréquentes dans l’autisme et peuvent fortement influencer la disponibilité d’une personne.


Un bruit, une lumière, un contact physique, une odeur, un mouvement ou certaines sensations internes peuvent être difficiles à traiter ou devenir particulièrement coûteux lorsque plusieurs stimulations s’accumulent.


À l’inverse, certaines personnes recherchent davantage certaines sensations pour maintenir un niveau d’activation qui leur convient.


Une difficulté comportementale peut ainsi apparaître lorsque l’environnement devient trop intense, trop imprévisible ou insuffisamment adapté aux besoins sensoriels de la personne.


Observer l’environnement permet parfois d’identifier des éléments qui n’étaient pas évidents pour l’entourage.


La fatigue et le coût cognitif

Le quotidien demande de nombreuses compétences : comprendre une consigne, passer d’une activité à une autre, attendre, inhiber une réponse, gérer plusieurs informations, s’adapter à un changement ou encore anticiper ce qui va se passer.


Ces exigences peuvent représenter un coût cognitif important.


Une personne qui parvient à gérer une situation le matin peut ne plus disposer des mêmes ressources quelques heures plus tard. Le niveau de tolérance à une demande ou à une frustration n’est donc pas constant au cours de la journée.


La fatigue cognitive peut également s’ajouter à la fatigue physique, au manque de sommeil ou à une journée particulièrement exigeante.


Le rôle de la régulation dans les difficultés comportementales

La régulation correspond à la capacité à maintenir ou retrouver un état permettant de rester disponible pour ce qui se passe.


Lorsqu’une personne est suffisamment régulée, elle dispose généralement de davantage de ressources pour communiquer, attendre, apprendre, faire face à un imprévu ou accepter une demande.


Lorsque son niveau de stress augmente, ces capacités peuvent progressivement diminuer.

Certains signes peuvent apparaître avant une dérégulation plus importante : agitation inhabituelle, augmentation des mouvements répétitifs, évitement, retrait, accélération du langage, diminution des réponses, irritabilité ou besoin plus important de contrôler l’environnement.


Ces signes sont propres à chaque personne. Les repérer permet parfois d’intervenir avant que la situation ne devienne trop difficile.


À ce stade, réduire certaines demandes, augmenter la prévisibilité, proposer une pause, adapter l’environnement ou soutenir la communication peut être plus pertinent que d’insister sur la consigne initiale.


Un changement de comportement peut aussi avoir une cause physique

Tous les comportements ne relèvent pas uniquement de l’autisme ou de la régulation émotionnelle.

Une modification inhabituelle ou brutale du comportement doit également conduire à envisager une cause physique : douleur, problème digestif, problème dentaire, infection, trouble du sommeil ou autre problème de santé.


Chez une personne qui éprouve des difficultés à identifier, localiser ou communiquer une douleur, le changement de comportement peut parfois être l’un des premiers signes visibles d’un inconfort.

Il est donc important de ne pas attribuer automatiquement toute nouvelle difficulté à l’autisme.


Comprendre la fonction d’un comportement

En analyse du comportement, rechercher la fonction du comportement consiste à comprendre ce que celui-ci permet à la personne d’obtenir, d’éviter ou de modifier dans son environnement.


Par exemple, un comportement peut permettre :

  • d’échapper à une situation devenue trop difficile ;

  • d’obtenir l’accès à une activité ou à un objet ;

  • d’attirer l’attention ou d’obtenir une interaction ;

  • d’accéder à une stimulation sensorielle ou d’en éviter une ;

  • de communiquer lorsqu’un autre moyen n’est pas suffisamment disponible.


Identifier une fonction ne revient pas à dire que la personne « fait exprès » ou qu’elle cherche à manipuler son entourage.


Cela permet au contraire de comprendre les contingences présentes dans la situation et de réfléchir à des alternatives plus accessibles et plus adaptées.


Dans certains cas, une évaluation fonctionnelle menée de manière rigoureuse peut être nécessaire, notamment lorsque les difficultés sont fréquentes, intenses ou mettent la personne ou son entourage en danger.


Comment prévenir les difficultés comportementales ?

La prévention ne consiste pas à supprimer toutes les demandes ou toutes les frustrations. Elle consiste à créer des conditions permettant à la personne de mobiliser au mieux ses compétences.


Plusieurs pistes peuvent être envisagées selon la situation :

  • rendre l’environnement plus prévisible ;

  • utiliser des supports visuels lorsque cela est utile ;

  • adapter la quantité et la complexité des informations ;

  • tenir compte du profil sensoriel ;

  • proposer des moyens de communication adaptés ;

  • anticiper les transitions ;

  • permettre des pauses ;

  • ajuster temporairement une demande lorsque les ressources diminuent ;

  • enseigner progressivement des compétences alternatives ;

  • observer les signes précoces de surcharge ou de dérégulation ;

  • rechercher une douleur ou un problème de santé lorsqu’un comportement change.


Ces ajustements doivent toujours être individualisés. Une stratégie efficace pour une personne peut être inutile, voire contre-productive, pour une autre.


Que faire lorsque la personne est déjà en forte dérégulation ?

Lorsqu’une situation s’est fortement intensifiée, la priorité devient la sécurité.


Ce n’est généralement pas le meilleur moment pour multiplier les explications, argumenter longuement ou essayer d’enseigner une nouvelle compétence.


Selon les besoins de la personne, il peut être utile de réduire les stimulations, limiter le langage, laisser davantage d’espace, diminuer temporairement les exigences et maintenir une présence calme et prévisible.


La co-régulation peut également jouer un rôle important. Elle ne consiste pas à imposer une technique de retour au calme, mais à apporter un soutien adapté au profil de la personne et à ce qu’elle accepte à ce moment-là.


L’analyse de la situation et l’apprentissage de nouvelles stratégies pourront être repris lorsque la personne aura retrouvé davantage de disponibilité.


Comprendre les difficultés comportementales au-delà de ce qui est visible

Lorsqu’un trouble du comportement dans l’autisme est uniquement envisagé comme quelque chose qu’il faut arrêter, on risque de passer à côté d’informations importantes.


Les difficultés comportementales peuvent être influencées par la communication, la douleur, les besoins sensoriels, la fatigue, le niveau de régulation, les exigences de la situation, les changements ou encore les conséquences produites par le comportement.


Comprendre ces différents facteurs ne signifie pas banaliser les comportements qui peuvent être difficiles ou dangereux. Cela permet au contraire de mieux les analyser, de sécuriser lorsque cela est nécessaire et de construire des réponses plus individualisées.


Observer ce qui se passe avant, pendant et après le comportement, tenir compte du fonctionnement de la personne et adapter l’environnement constituent souvent les premières étapes pour prévenir les situations les plus difficiles et développer des alternatives plus adaptées.


Pour aller plus loin

Parent autrement propose une formation consacrée aux difficultés comportementales chez les enfants autistes ou ayant un autre trouble du neurodéveloppement.


Cette formation permet d’aller au-delà du comportement observé, d’identifier les facteurs susceptibles de contribuer aux situations difficiles et de travailler des stratégies de prévention, de co-régulation, de désescalade et d’accompagnement adaptées.


 
 
 

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